Des bataillons de cheminées, de la fumée, telle est la vision de la plaine des Riaux que les anciennes photos nous restituent. Du métal, du labeur, de la sueur, des ouvriers, des hauts-fourneaux, des machines à vapeur, des savants français et anglais qui peaufinaient des techniques, toute cette vallée a été le plus important centre métallurgique de France. Le monde a changé depuis. Aujourd'hui, en arrivant le matin au belvédère des Crêtes, on prend le temps de surprendre les écureuils et, avec un peu de chance, la course légère d'un chevreuil. Les lendemains de pluie, le Mont Blanc apparaît nettement, à 212 km. La table d'orientation précise aussi les directions qui permettent d'imaginer Zurich, Bordeaux ou Turin. À quelques lieues, l'½il contemplera sans peine le mont Saint-Vincent, Montceau, Le Breuil, la belle étendue du lac de Torcy. Puis, sous ce promontoire, on revient à l'esprit industriel. Il n'y a plus de fumée mais il y a toujours le château de la Verrerie ou la bibliothèque universitaire qui fut le berceau des locomotives. Des usines récentes se sont installées. Les savants ne se passionnent plus pour les hauts-fourneaux, ils s'intéressent à l'électronique. Le monde a changé et vu d'ici, on le préfère ainsi.